Je n'ai plus de mots, plus de fulgurances,
D'ailleurs, je n'en ai sûrement jamais eu,
Tout n'était que jeunesse, et complaisance,
Des bribes de mémoire et du déjà vu.
Le monde ne me parle plus, il agonise,
Et je ne danse pas avec les mourrants,
Nous nous enterrons, tant dans la bêtise,
Que l'on peut même se foutre de nos enfants.
La politique, ne m'intéresse pas,
Je n'ai jamais aimé le cirque, où se côtoient,
Dresseurs, illusionnistes, clowns, équilibristes,
Et même la police fait des hors-la-loi,
Et vous les mots! je vous en prie revenez,
Sans vous, je ne peux pas jongler,
Je suis mal armé, J'ai les reins beaucoup trop fragiles,
Je bois de l'air et pisse de l'argile,
Exit les héros des mythes et légendes,
Le chien à deux têtes, lui, est toujours là,
Il m'acroche pour que je lui rende,
Ce que je ne suis plus, ce que je n'ai pas,
Allons viens! partons à travers la forêt,
Frôler les écorces, l'insouciance aux basques,
Déchirer les masques, voir ce qu'il en est,
Si les arbres sont morts, et si le peuple y est,
Car c'est narcissique, soporifique,
C'est médiatique, la peur cathodique,
La peur je ne l'ai vu qu'une seule fois,
Quelque part en Amérique,
Dans les yeux d'Omayrha,
Et vous les mots, je vous en supplie, revenez!
Sans vous, je ne peux pas saigner.
Texte créé en novembre 2007
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